Agnès Baron, bénévole à L’Esquisse et donneuse de voix.

Retraitée de la SCNF depuis onze ans, Agnès Baron consacre désormais son temps aux randonnées, aux voyages, à son entourage mais pas que. Altruiste et engagée bénévolement au sein de la médiathèque de L’Esquisse, cette passionnée de lecture est également « donneuse de voix » au sein de l’Association Valentin Haüy (AVH). On vous en dit plus ci-dessous.


Qu’est-ce qui vous a poussée à vous engager dans ces missions bénévoles ?

A.B. « Engagée au sein du Comité des Fêtes et du Handisport Club du Bassin Aixois en tant que secrétaire, et également du club de Yoga comme présidente, j’ai souhaité poursuivre mon investissement associatif une fois retraitée car j’avais besoin de me rendre utile. J’ai donc rejoint l’équipe de bénévoles de l’AVH en 2014, où j’ai commencé mon « travail » de donneuse de voix, et celle des bénévoles la médiathèque de L’Esquisse (anciennement La Bibli) en 2015. »


Que vous apporte la lecture au quotidien ?

A.B. « J’ai besoin de lire tous les jours, et dans la mesure du possible, j’enregistre 1h par jour.  Je ne peux pas m’endormir si je ne lis pas 1 ou 2 pages minimum, c’est pour moi une source de réconfort et une évasion. »


Avez-vous une anecdote liée à un livre ou à une lecture qui vous a particulièrement touchée ?

A.B. « En 2018, j’ai enregistré le  livre de Gilles Legardinier intitulé « J’ai encore menti ». En janvier 2019, il était à la FNAC de Lyon en dédicace et j’y suis bien sûr allée. Il ne connaissait pas l’AVH, il m’a dit qu’il m’écouterait et effectivement j’ai reçu un gentil mail de sa part, c’est un très bon souvenir. Il arrive quelquefois que les lecteurs envoient des messages à l’association qui les transmet aux donneurs de voix, c’est toujours un plaisir enrichissant et gratifiant. »


En quoi consiste votre rôle de « donneuse de voix » pour l’AVH ?

A.B. « Je me suis engagée au sein de l’AVH suite à des rencontres avec des personnes aveugles ou mal voyantes lors de randonnées au sein de Handisport Club Aix les bains. Leur contact était tellement enrichissant que j’ai ressenti le besoin de les aider. On parlait souvent de lectures donc j’ai fait des recherches afin de leur apporter ma petite contribution. C’est comme cela que je suis entrée en contact avec l’AVH Comité de Chambéry, et que l’aventure a commencé.

Le processus est très simple : tous les mois on reçoit une liste de documents (environ 80 à 100). Nous choisissons ou pas un document (il n’y a aucune obligation, cela reste du bénévolat). Dès réception du livre par la poste à domicile, j’enregistre sur mon PC à l’aide d’un micro casque sur le logiciel Audacity qui est très facile d’utilisation. Une fois l’enregistrement terminé, je l’envoie à ma référente au Comité de Chambéry qui le mettra en forme et l’enverra ensuite à l’AVH à Paris. Le responsable a la charge de diffuser le document sur la bibliothèque nationale (EOLE). »

Vos lectures pour l’AVH sont-elles variées et vous permettent-elles de découvrir des romans vers lesquels vous n’auriez pas été ?

A.B. « Tout à fait, j’ai notamment découvert des romans qui se passent dans la période médiévale avec une intrigue de Jean d’Aillon et j’en ai enregistré une dizaine. J’ai également enregistré une BD enfant, c’était particulier parce qu’en plus du texte il fallait décrire les dessins, c’était très intéressant. »


Que vous apporte ce bénévolat ?

A.B. « Ça a été une très belle découverte, je n’avais jamais entendu le terme « Donneuse de Voix ». Maintenant, je suis fière et heureuse de contribuer à ma petite échelle au sein de l’AVH à apporter un peu de réconfort aux personnes empêchées de lire. J’espère leur apporter le même plaisir que j’ai eu à enregistrer. »


Quels sont les défis ou les joies que vous rencontrez en enregistrant des livres ?

A.B. « Parfois, certains livres ne sont pas faciles à enregistrer : le contenu, le style d’écriture, etc., en les choisissant je n’ai pas la possibilité de le voir. En 12 ans de pratique, je n’ai abandonné qu’un seul enregistrement : c’était un livre de poche, écrit très petit et très mal imprimé. Cela m’obligeait à revenir sans arrêt en arrière, et donc très contraignant. »


Comment voyez-vous l’avenir de l’accessibilité à la lecture pour les personnes en situation de handicap ?

A.B. « Je suis contente de voir que l’accessibilité se développe de plus en plus, que ce soit dans les médiathèques, les musées ou ailleurs. La lecture doit être accessible à tous, enfants, ados, adultes, handicapés ou valides car c’est une richesse et une source d’inspiration dans tous les domaines.  Mais il y a encore du boulot. Donc si vous aimez lire et que vous avez du temps libre, n’hésitez pas à prendre contact avec le Comité AVH de votre région. Tout le monde est capable de le faire ! »


Et du côté de L’Esquisse, avez-vous des projets en cours ou à venir avec l’équipe de bénévoles de la médiathèque ?

A.B. « Un projet avait déjà été évoqué du temps de l’ancienne bibliothèque mais cela n’avait pas pu aboutir à cause du changement de lieu. A présent que L’Esquisse a pris son envol, je serais partante pour développer un projet auprès des personnes empêchées de lire. 

De manière plus générale, ma première mission à la médiathèque est la tenue des permanences afin d’accueillir nos abonnés. Je gère également les périodiques et participe aussi à quelques animations comme la Fête du Printemps ou Noël à Grésy. »


Avez-vous un message à transmettre sur l’importance d’être bénévole ?

A.B. « Si vous vous ennuyez chez vous, que vous avez du temps libre et qu’aller vers les autres ne vous fait pas peur, alors n’hésitez pas à vous investir dans un domaine qui vous plait. Le bénévolat doit rester un plaisir. En ce qui me concerne, le bénévolat me permet de rester socialement dans le coup. »


Vous aussi vous souhaitez vous investir au sein de l’AVH ? Rendez-vous sur leur site pour vous inscrire en cliquant ici.

 

Rencontre avec Agnès Baron